ANALYSE HISTORIQUE DE LA CONSTRUCTION DES TEMPLES DE KARNAK SOUS LES PTOLEMEES ET LES ROMAINS

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RESPONSABLE : Christophe Thiers (USR 3172)
COLLABORATEURS : Gihane Zaki (Cnrs/Csa), David Klotz (Univ. Yale)

 


La question qui ne manque pas de se poser à l’examen de l’activité architecturale lagide à Karnak est la suivante : pourquoi le temple d’Amon-Rê a-t-il bénéficié d’un traitement particulier ? Pourquoi n’a-t-il pas fait l’objet d’une reconstruction massive, à l’instar des temples de Philae, Edfou, Kôm Ombo ou Dendara dont les fondations font disparaître les temples antérieurs ? Au contraire, à Karnak, les travaux visent à embellir, à restaurer ponctuellement des parties du temple. Le respect des reliefs anciens (scènes identiques regravées dans le style ptolémaïque) souligne à l’évidence la nostalgie respectueuse des prêtres thébains à l’égard des anciens dynastes indigènes et pourrait être interprété comme une certaine marque de « résistance » à l’encontre des souverains alexandrins. En faveur de cette hypothèse, on peut évoquer le traitement, sous Alexandre le Grand et Philippe Arrhidée, du sanctuaire de l’Akh-menou et de la chapelle reposoir de barque. Les deux programmes macédoniens ont copié les monuments antiques qu’ils remplaçaient et les dédicaces rattachent les nouveaux conquérants à l’illustre Thoutmosis III.
Dans l’histoire de Karnak, la période ptolémaïque et romaine est souvent considérée comme peu propice au développement des sanctuaires. De fait, les grandes réalisations du Nouvel Empire ne sont plus d’actualité mais ceci ne constitue pas, à l’évidence, une particularité de cette période : les derniers grands travaux remontent à la XXVe dynastie ; depuis lors, seuls les Nectanébo et les Macédoniens sont attestés dans des constructions majeures. Il résulte de cette observation que la période ptolémaïque constitue une étape importante dans le renouveau des programmes architecturaux de Karnak. Les ouvriers ont été actifs et l’ensemble de la documentation réunie permet de considérer Karnak comme un chantier quasi permanent durant la période ptolémaïque.
La répartition de l’activité architecturale et décoratrice montre clairement que le temple d’Amon n’a pas été le lieu où les travaux ont été les plus prolixes mais il ne faut pas oublier la masse importante des blocs épars dont l’inventaire précis reste à faire. L’ensemble des monuments auxquels ils appartenaient accentuerait davantage cette trame qui peut apparaître, au premier abord, assez lâche.
Mais c’est surtout dans les temples périphériques que les chantiers ont été les plus importants ; que l’on songe au temple d’Opet, à celui de Ptah, à la chapelle d’Osiris Coptite, aux restaurations entreprises dans le temple de Khonsou.
Enfin, on ne manquera pas de mettre en parallèle Karnak avec les autres temples de Thébaïde. On songera en particulier au palladium thébain (Karnak-Nord, Médamoud, Tôd et Ermant) qui fait l’objet de travaux conséquents.
C’est donc à partir des travaux en cours et ceux projetés qu’il conviendra de tenter de retracer l’histoire du domaine d’Amon-Rê à l’époque ptolémaïque et romaine et son influence religieuse au sein des théologies tardives qui se développent à Thèbes et dans les villes du « Palladium ».

• Programme 2009-2012


- Inventaire et publication (articles) de monuments ptolémaïques et romains de Karnak.

 





Dernière mise à jour : 19-10-2010

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